Six cent trente-neuf euros et quatre-vingt-dix-neuf centimes pour seize cents mètres carrés annoncés. Aucun autre modèle du comparatif ne fait ça.
Le meilleur ratio surface-prix du catalogue, sur le papier
Prenez les machines qui revendiquent quinze cents mètres carrés ou plus. Il y en a une poignée, et elles s’échelonnent jusqu’à quatre mille huit cents euros. Le N1600 Pro est le plancher de ce groupe, et il n’est pas juste un peu moins cher, il l’est nettement. Le modèle suivant dans l’ordre des prix demande cent soixante euros de plus pour cent mètres carrés de moins.
À cela s’ajoutent quarante-cinq pour cent de pente admissible, cent minutes d’autonomie annoncée, un fonctionnement sans câble périphérique. Sur les colonnes qui décident d’un achat, cette fiche coche tout.
Alors regardons les colonnes qu’elle ne remplit pas.
Deux relevés, une seule source
Les caractéristiques de ce modèle viennent de la fiche Amazon, et uniquement d’elle. Sur la plupart des machines du comparatif, un deuxième relevé sur la documentation constructeur permet de recouper les chiffres et d’aller chercher ceux qu’Amazon ne renseigne pas. Ici, ce deuxième relevé n’existe pas.
Le résultat se voit dans le tableau. Pas de largeur de coupe. Pas de niveau sonore. Or la largeur de coupe est justement ce qui détermine le temps qu’une machine met à faire seize cents mètres carrés. Une lame étroite sur une grande surface, c’est un robot qui tourne toute la journée. Une lame large, c’est un robot qui finit et rentre. Sans ce chiffre, la surface conseillée reste une affirmation qu’on ne peut confronter à rien.
Dix-huit kilos, en revanche, c’est publié, et c’est le poids le plus élevé de tous les modèles vendus sous sept cents euros. Bon signe sur un grand terrain, où la masse aide en montée. Mauvais signe sur une pelouse détrempée en avril, où elle laisse des traces.
L’antenne, la vraie contrainte de pose
Le RTK ne demande pas de câble, il demande du ciel. Le module et son mât se fixent avec une vue dégagée, et le robot se positionne par rapport à eux. Un terrain arboré, une maison qui masque une moitié du ciel, un jardin entre deux murs hauts : dans ces cas-là, la technologie perd son avantage et les tontes redeviennent approximatives.
Un jardin de seize cents mètres carrés remplit cette condition plus facilement qu’un mouchoir de poche, parce qu’un grand terrain offre presque toujours un point haut convenable. C’est une des rares fois où la grande surface arrange le RTK plutôt que l’inverse.
Seize avis, et un écart qui interroge
C’est le point le plus fragile de cette fiche, et il ne concerne pas la machine. Seize avis relevés sur Amazon, moyenne de 3,8 étoiles. Les quatre commentaires disponibles au relevé sont tous à cinq étoiles et plutôt détaillés : installation sans fil décrite comme simple, mât RTK à poser, cartographie via l’application, trajectoires en lignes droites et en U plutôt qu’en zigzag, coupe régulière, retour automatique en cas de pluie ou de batterie basse, gestion de plusieurs zones.
Sauf qu’une moyenne de 3,8 sur seize avis suppose forcément des notes basses quelque part, et elles ne sont pas dans les extraits relevés. Impossible, donc, de savoir ce qui a déçu ni combien de fois. Un des acheteurs satisfaits pose lui-même la limite : la précision dépend beaucoup de la configuration du terrain et de son entretien.
Comparez avec les modèles voisins de ce comparatif, où l’on dispose de quatre cents, cinq cents, six cents avis, et où les défauts récurrents finissent par se dessiner tout seuls. Ici, il n’y a rien à agréger. L’absence est une information en soi, et elle dit d’attendre.
Le pari que ça représente
Un pari intéressant pour un grand terrain dégagé, chez quelqu’un qui accepte d’acheter une machine dont personne n’a encore fait le tour. Le rapport surface-prix est réel et il est même assez brutal.
Ce que vous achetez avec, c’est une fiche technique incomplète, une marque sans documentation constructeur accessible et une base d’avis trop mince pour repérer le défaut qui reviendra. Sur une machine à six cent quarante euros censée durer plusieurs saisons, ces trois choses vont ensemble et pèsent lourd.