Trente-sept des cinquante-neuf modèles suivis tiennent dans cette fourchette. C'est aussi le seul rayon où câble, RTK, LiDAR et caméra se disputent le même acheteur, donc le seul où le prix affiché ne vous apprend presque plus rien.
Deux tiers du catalogue tiennent dans cette fourchette
Trente-sept modèles sur cinquante-neuf. Près des deux tiers du comparatif tiennent entre ces deux bornes, et ce n’est pas un accident.
En dessous de 500 €, l’offre se résume à treize machines de petite pelouse. Au-dessus de 1 200 €, il n’en reste que neuf, réparties sur cinq marques. Entre les deux, onze fabricants poussent trente-sept références, avec, au relevé du 2 août 2026, un prix médian de 839,99 €, un plancher à 534,34 € et un plafond à 1 199 €.
Une tranche aussi peuplée n’est pas un rayon, c’est un champ de bataille. Ce qui suit sert à s’y orienter.
Les quatre technologies se croisent ici, et nulle part ailleurs
Treize modèles à câble périphérique. Onze à positionnement RTK. Huit à cartographie LiDAR. Cinq à caméra.
Aucune autre tranche de prix ne présente cette configuration. Sous 500 €, on trouve seulement de la caméra et du câble. Au-dessus de 1 200 €, les neuf modèles restants sont trop peu nombreux pour que la comparaison ait du sens.
La conséquence est directe. À 800 €, vous ne choisissez pas un niveau de gamme : vous choisissez une manière de délimiter le jardin. Un fil enterré qui ne décrochera jamais sous les arbres, une station de référence qui exige du ciel dégagé, un télémètre laser qui travaille de nuit, un objectif qui a besoin de lumière. Quatre partis pris différents, quatre types de terrains, un seul prix.
Le prix médian de chaque famille tombe d’ailleurs dans cette fourchette ou juste à côté : 499 € pour la caméra, 821 € pour le câble, 799 € pour le RTK, 999 € pour le LiDAR. Elles se rencontrent toutes ici.
À prix égal, la pente varie du simple au double
Voilà le chiffre qui devrait décider beaucoup d’achats et qui passe inaperçu.
Sur les trente-sept modèles de la tranche, la pente maximale annoncée va de 25 % à 50 %. Seize machines atteignent ou dépassent 45 %, seize autres plafonnent à 35 % ou moins. La médiane, 40 %, ne décrit donc personne : le rayon abrite deux populations distinctes, et la ligne du tarif ne permet pas de les distinguer.
La surface conseillée raconte la même histoire. Médiane à 650 m², mais des valeurs qui s’étalent de 250 à 2 200 m². Un facteur neuf entre les deux bornes, à l’intérieur d’un rayon dont le prix varie d’un facteur deux.
Autrement dit : deux machines vendues au même prix peuvent viser des jardins qui n’ont rien à voir. C’est la raison pour laquelle le tableau comparatif plus haut place la surface et la pente devant tout le reste.
Gardena et Husqvarna occupent quatre places sur dix
Dix modèles Gardena, six Husqvarna. Seize sur trente-sept pour deux marques d’un même groupe.
Les neuf autres fabricants se partagent les vingt et une places restantes, dont Ecovacs avec quatre modèles, puis Worx et Segway avec trois chacun. Cette concentration explique en partie la structure technologique du rayon : treize des trente-sept machines suivent encore un câble, et la plupart portent l’un de ces deux noms.
Pour l’acheteur, ça dessine un choix assez lisible. D’un côté, deux marques installées, un réseau de pièces détachées, une technologie éprouvée, et des fiches produit complètes. De l’autre, des entrants qui vendent de la navigation calculée et de la connectivité au même tarif.
Treize fiches sur trente-sept taisent l’autonomie
La tranche publie bien dans l’ensemble. Surface, pente et poids manquent chacun sur un seul modèle des trente-sept. La largeur de coupe manque cinq fois, le niveau sonore six fois, la connectivité six fois.
L’autonomie fait exception : treize constructeurs ne la donnent pas. Un tiers du rayon, donc, sur une caractéristique qui décide du nombre de sessions nécessaires pour boucler un jardin.
Les vingt-quatre fiches qui répondent annoncent une médiane de 65 minutes. Ce chiffre ne vaut que pour elles, et ce comparatif laisse la case vide pour les treize autres plutôt que d’extrapoler.
Le grief dominant n’est pas mécanique
Sur cette tranche, ce que les acheteurs racontent le plus tient à l’application et à la liaison réseau. Cartographies à refaire après une mise à jour, machine qui déclare le réseau introuvable une heure après l’avoir détecté, reconnexions interminables, fonctions qui exigent d’être à quelques mètres du robot.
Le deuxième motif est le service après-vente, et il pèse lourd en volume. Pannes signalées à l’approche ou juste après l’échéance de garantie, diagnostics facturés, interlocuteurs difficiles à joindre, retours à expédier hors de France aux frais de l’acheteur. Le troisième est la batterie, qui perd de la capacité au fil des saisons et raccourcit les sessions.
Un point mérite d’être dit franchement : sur les trente-trois modèles de cette tranche évalués par des acheteurs, treize se situent sous quatre étoiles. Une tranche de prix bien fournie n’est pas une tranche de prix sûre, et la moyenne du rayon ne protège personne.
Choisir quand le prix ne renseigne plus
Le classement affiché plus haut est calculé sur les caractéristiques relevées, pas sur des essais. Il range trente-sept machines selon ce que publient leurs fabricants, et il n’existe pas de modèle idéal dans un rayon aussi hétérogène.
L’ordre des questions compte plus que le budget. Mesurez la pente la plus raide du terrain, puis la surface réelle, puis regardez si le ciel est dégagé et si des arbres couvrent la pelouse. Ces trois réponses éliminent la majorité des trente-sept modèles avant que le prix n’entre en jeu.
Vient seulement ensuite l’arbitrage entre une marque installée avec des pièces disponibles et un entrant mieux équipé pour le même tarif. Là, aucune donnée du comparatif ne tranche à votre place, et prétendre le contraire serait malhonnête.